Saturday, March 15, 2008

Allegro con fuoco


Il faut toucher l'origine musicale de toutes les choses.
Ce que l'on touche nous aura touché d'abord, sûrement.
Aussi la caresse répond-elle à un silence premier.

Friday, March 14, 2008

Force de frappe


"Ce qui frappe sans tuer, c'est l'amour."

ivre de toi comme de soleil: j'apprends 'a te boire sans te toucher
j'etudie le nom de mes blessures pour t'ecrire un soir sur l'incurable

ivre de toi comme de vins et de dieux: tu m'apprends 'a me boire dans le creux de mes mains qui revent des tambours au coeur de ton corps

je caresse ta force de frappe sur ma poitrine: c'est un mode muet de prier
je touche toujours le fer exact pour faire saigner mon corps mon pianoforte
autant qu'il est possible sans mourir sans rompre les cordes

Concert pour percussion et orchestre: c'est notre tremblement discontinu l'improbable secours portant de l'eau et du pain

je te dirai sur un quais qu'il faudra encore repartir et revenir
pour frapper avec la force exacte l'endroit de nos corps qui ouvrira sur la mer

Wednesday, March 12, 2008

On two adverbs and a pronoun


Our Being on the brink of burning our bodies
is Being-more-intensely than Being ever is.

Fusion of boundaries in one and same wave of
nameless fire as infinite progression
of a new world of fragile flesh and blood
striving for the most accurate Touch

...We... immensely...

...We... intensely...


(now think of verbs and perform them
toujours tounuits)

On the edge


Aesthetics:
love is Avant-garde Creation
(the begining and end of all orthodoxy)

Politics:
love is Permanent Revolution
(the begining and end of all state)

Physics:
love is Pure Energy
(the begining and end of all matter)

Sunday, March 9, 2008

L'art de la fugue


Création et transgression,
c'est la clé de ma peau.

Aimer pour aimer (...)

Chanter pour chanter (...)

Partir pour partir (...)

Gratuitement. Parce que.
C'est moi
Tout entouré de silence et de soleil.

(Le printemps délire mélancolique,
les fleurs transgressent la neige,
la promesse des fruits me dévore.

Je veux transgresser le réel.
Sinon je mangerai des pierres,
pour toujours.)

The Art of Elopement


Life is poetry and lovers are poets surprised by their poems.

The idea of a guitar and the warmth of tears become legible in various places of my body. Inventing a rebirth or an escape from This confinement is what I dream of whenever I dream of anything. You, horizon and home.
There is a garden inside my fears. You, horizon and home.

Amour, poésie, prophétie


L'amour et la poésie peuvent s'éclairer (ou s'obscurcir) mutuellement: l'amour en tant que poésie et la poésie en tant qu'amour. L'attachement amoureux est inventif et l'inventivité se déploie sur le mode de mon-être-à-Toi. Ainsi avance-t-on immédiatement dans l'intelligence de soi, surtout si l'on ne sait pas où l'on va, cette ignorance étant la vitalité même du mouvement. Un amour et un poème me surviennent, me déclenchent, me métamorphosent - maintenant, ici. Jamais je ne déchiffrerai le pourquoi, le comment. Non, parce que non. J'ai décidé de ne plus résister aux événements qui me surprennent à contre-courant, à contre-monde, à contre-tout.
Au coeur de l'amour et de la poésie crie une voix prophétique que j'entends chaque nuit et qui me pose un défi extrême dont je ne sais si la nature est unitive ou divisive, divine ou diabolique. Car en lui répondant je crois me découvrir et me saisir, mais en même temps et sous l'effet du même geste, je me confonds et je me dérobe.
L'amour, la poésie, la prophétie altèrent leur lieu fragile: Je. D'où l'anxiété, l'insomnie, l'agitation, etc. - tout au degré superlatif.
L'amant, le poète et le prophète, tous les trois fondateurs de nouvelles Religions, se perdent. Mieux, ils se précipitent et s'accélèrent vers leur perte pour ne rien perdre, pour ne rien sacrifier de ce qui est leur Propre absolu. Donc, leur ruine s'accomplit par fidélité à une création supérieure à leurs vies.
Au nom d'une sorte de vérité, qui n'est pas encore pleinement mais qui est déjà trop efficace, ils peuvent mourir très jeunes, disons dans la trentaine, condamnés par Tout ce qui est en vigueur dans le monde et dans l'histoire, c'est-à-dire par les dieux les plus vivants et par les hommes les plus puissants. Tout se passe par la force d'un A-venir qui sature le présent. Pourtant, au moment dernier, ils peuvent bien douter d'eux-mêmes et de tout, admettant humblement qu'il n'est pas impossible que leur ivresse soit absurde.
J'espère cependant que chacun rend son esprit en se disant: "je crois avoir obéit à mon Maître Intérieur, Vie de ma vie".