Monday, February 11, 2008

Sur les quais volcaniques


L'azur, la femme, le néant.
En face: Sophia, la volcanique.

L'angoisse infinie des quais!
Le mystère de partir et de retourner toujours autre, et autrement.

Imaginez le dos d'une femme assise sur un quai.
Imaginez votre vie sous le signe de la fin du monde et de l'urgence de l'extrême.
Alors que voyez-vous? Une attente impossible? Un suicide nécessaire? Certainement plus que le dos d'une femme assise sur un quai. Vous voyez, sinon l'instant de votre mort, au moins l'abîme, c'est-à-dire votre oscillation sur l'abîme.
Protestez contre les symboles! Car une âme sans symboles ne souffre pas comme la mienne. Au-delà du vrai et de sa conscience, une âme sans symboles doit être la Plénitude de Soi.
Or, mon âme symbolique s'attache à l'extérieur, à Toi-Toujours-Encore, et rien ne la désaltère et personne ne la déchiffre. La solitude survole définitivement les murs de mon labyrinthe. Je mourirai seul, très jeune, au bord de la folie. J'imagine la blancheur de mon sang s'écoulant comme le silence des chevaux sauvages de mon Amour. Je comprends leur respiration, leur effort progressif. Quatre chevaux qui écartelèrent mon corps. Définitivement. Si ce corps est l'organe symbolique de l'Amour, alors je sais clairement - sans protester - que je n'aimerai plus.
J'avais fondé une religion sans dogmes, la religion nocturne des mains vides. Il me faut encore écrire son Livre dans une langue inconnue et l'étudier pour me convertir plus profondément à l'impossibilité de Moi-même et de toute interlocution.

Je crois à la mystique des labyrinthes. Me vivre et me perdre, c'est une seule et même chose. Je m'entends, je m'interroge, je me réponds: beaucoup de voix, mais aucune interlocution. Cette Parole circulaire creuse, fouille, agite, mais la température du corps reste la même, démesurée.

Sur les autres religions qui, comme la mienne, ne sont ni vraies ni fausses, seulement plus ou moins imaginatives, je ne dirai rien.
Le visage de Dieu personne ne l'a vu.
Si jamais tu hallucines son passage, ce sera son dos en mouvement toute sa Révélation, mouvement très proche et très loin, l'Intérieur.

1 comment:

Unknown said...

Wow, you must really love that woman. For better or for worse.

Nice poetry, keep it coming!